Enfance
Joël Baudouin naît à Nantes en 1930, fils d’Henri Baudouin, alors boucher (rue du Général Buad, quartier de Saint-Donatien), et de Marie Baudouin, née Gérard (1897-1970). Son enfance se partage entre Nantes et Nord-sur-Erdre, à la Verrière où il grandit aussi dans un environnement rural, sa famille paternelle y étant installée depuis plusieurs générations, selon les dires de son père ils ont été ruinés suite à la révolution et sont devenus fermiers pour un propiétaire. Joël garde un excellent souvenir de l’ambiance communautaire qui régnait à la ferme et en reparlera souvent durant sa vie. Il dit y avoir passé toute la guerre. Cavalier précoce, il monte en courses comme gentleman-jockey amateur. (Pour la période de Nord-sur-Erdre, ses cousines Jacqueline et Marie Noëlle sont des ressources précieuses, son cousin Jean Paul Baudouin est aussi devenu artiste et céramiste après un apprentissage chez Joël vers 1973, il a eu un atelier de poterie à Saffré et vie aujourd’hui à l’ancien village de pêcheur de Trentemoult)

Henri Baudouin avec ses enfants Joël et Jeanine, années 1930. Jeanine Baudouin décédera de la tuberculose en 1947.

Joël Baudouin à cheval, Nord-sur-Erdre, vers 1943. Il a alors 13 ans.
Élève désordonné et indiscipliné, il passe une bonne partie de sa scolarité à dessiner dans ses cahiers plutôt qu’à suivre les cours — un tempérament têtu et rétif au cadre qu’il gardera toute sa vie, y compris plus tard à la tête de son entreprise : « Je n’ai jamais fait un bon PDG. »
La famille reste à Nantes jusqu’en 1946. Ces années sont marquées par la guerre : bombardements sur la ville, et un père qui ravitaille le maquis de Safré près de Nord-sur-Erdre. Joël est scolarisé à Nord-sur-Erdre puis à l’école du Loquidi, à Nantes.
Adolescent, Joël est atteint à son tour par la tuberculose, comme la pénicilinne n’est pas encore découverte (ou pas encore disponible) il est obligé pour se soigner de se faire lui même des pneumothorax provoqués à l’aide d’un trocard. Sa mère durement frappée par le décès de Jeanine sombre dans la dépression et selon Joël, ne s’occupe pas de lui. C’est à quinze ans, alors atteint de tuberculose, qu’il peint ses deux premières œuvres connues.
A cette époque, il passe un cap de potier aux établissements Yvon Roy et va compléter sa formation avec Paul Maudonnet dont l’atelier qu’il a ouvert après la guerre se trouve rue des champs Saint Martin à Angers. A la même époque, il suit également des cours aux Beaux-arts d’Angers

La Porte Verron, près du château de Durtal. Gouache, 1945-46. Joël Baudouin a alors 15 ans.

L'Ouvrardière, maison d'Henri Baudouin à Durtal. Huile, 1945-46.
En 1946, la famille quitte Nantes pour s’installer à Durtal (L’Ouvrardière), en partie dans l’espoir que l’air de la campagne soit bénéfique à la santé de Jeanine, la sœur de Joël. Elle meurt l’année suivante, à l’âge de vingt ans. À Durtal, Joël poursuit ses soins et reçoit des cours donnés par le curé des Rairies.